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concert

vendredi 19 février à 20h45
au Palais de la culture

André Manoukian Quartet

Durée : 1h15

En raison d'un enregistrement pour l'émission La Nouvelle Star, le concert d'André Manoukian, qui a lieu le 19 février au Palais de la culture, est annulé.
Nous vous invitons à vous rendre à la Billetterie Spectacle du Palais de la culture pour tout remboursement.

Pour tous ceux qui l’ignoreraient encore, André Manoukian n’est pas uniquement “le juré allumé aux métaphores hermétiques de La Nouvelle Star”. C’est avant tout un producteur (Liane Foly et Malia en tête) et pianiste de jazz qui marie la musique traditionnelle avec ses influences arméniennes. Bienvenue dans l’antre du jazz.
Lors de ce concert, André Manoukian vous présentera son nouvel album Inkala, avec ses 12 titres, qui mélangent des compositions originales et de folk songs arméniennes adaptées par Dédé aux doigts de fée et enregistrées en trio Jazz. Le style du trio, proche des trios modernes de jazz (The Bad Plus, E.S.T, Avishai Cohen etc.), se démarque par l’utilisation du chant modal arménien aux blue notes caractéristiques (seconde et sixte diminuées). Il en résulte un album émouvant, teinté de spleen oriental, où les mélodies simples et attachantes cohabitent harmonieusement avec les improvisations.



Interview
André Manoukian ou le spleen oriental

Connu sous le sobriquet de Dédé les doigts de fée, André Manoukian s’arrête au Palais de la culture pour jouer Inkala, un album inspiré des « folk-songs arméniennes » qui ont bercé son enfance. Le juré de la Nouvelle Star nous ensorcelle et nous balade aux portes de l’Orient.

Infoscope : Parlez-nous en quelques mots de votre 1er album Inkala. Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour le sortir ?
André Manoukian : Inkala est très important pour moi. Depuis longtemps, je désirais me lancer en solo et composer un album pour moi. Mais je n’osais pas. Plus le temps passait, plus je voyais cette perspective s’échapper. Puis un jour, on me propose de composer la musique d’un documentaire sur l’Arménie. Etant d’origine arménienne, je me devais d’en connaître ses mélodies. Ce n’étais pas du tout le cas. Je regarde le clavier comme s’il allait me donner une solution. Puis, je me souviens d’un air que me chantait ma grand-mère, Inkala. Je me l’approprie et y ajoute une touche de jazz. Je me rends compte que le mélange de ces notes orientales à mon univers jazzy donne quelque chose d’original. Je pouvais prétendre offrir, sans être révolutionnaire, une écriture nouvelle. Cette découverte m’a donné du courage pour continuer et produire mon album.

Vous avez dit dans une interview que pour la première fois, il n’y avait pas de chanteuse. Pourquoi vous êtes vous passé d’une voix ?
Au début de ma carrière, je me consacrais à mon piano. C’est en rencontrant, par accident, une chanteuse dans un studio, que j’ai abandonné mon instrument pour me dévouer à la composition. Je me suis effacé derrière la voix. Alors pour cette fois-ci, je n’ai pas eu besoin d’une voix pour traduire mon envie et mon message. Si j’avais utilisé le chant, mon album serait devenu banal. Le challenge était de laisser le piano chanter, de le revisiter avec ces modes orientales. La voix reste pour moi le plus bel instrument, mais je ressens beaucoup de joie à me retrouver seul face à mon piano.
Pour m’accompagner sur scène, j’ai fait appel à un instrumentiste qui joue du duduk. Cet instrument arménien a la particularité d’avoir le son d’une femme qui pleure quand on en joue. Ce qui me donne l’impression d’être avec une chanteuse sur scène… Je ne me sens pas perdu.

Comment avez-vous mélangé la musique traditionnelle arménienne et le jazz à votre touche personnelle ?
Tout simplement… Prendre la mélodie, la jouer avec un arrangement dépouillé, afin que son parfum nostalgique exhale… Cette musique traditionnelle m’inspire énormément par sa particularité, les modes orientales mélangent le mineur et le majeur, et par son histoire. En Orient, on raconte que l’Homme a peur de se réjouir pour ne pas éveiller la jalousie des dieux… Je retrouve toute cette tradition ancestrale dans la musique traditionnelle arménienne. Après, il n’existe pas de recette miracle. Mais je me demande toujours comment Bill Evans* l’aurait joué.  Avec un batteur ? Un contrebassiste ?… Pour cette raison, je travaille avec des gens merveilleux comme la contrebassiste Ira Coleman, qui a collaboré avec Tony Williams**, mais aussi Laurent Robin qui m’accompagne sur scène à la batterie. Ces musiciens créent un espace et une rythmique très doux sur laquelle je peux inscrire ces ballades d’un autre temps.


Vous êtes né avec un don pour la musique. Dès 7 ans, vous vous passionnez pour le piano. Racontez-nous  votre déclic avec cet instrument ?
7 ans c’est vieux ! Mozart a commencé à 3 ans (rires). En fait tout est une question d’environnement. J’ai eu la chance de grandir à une époque où le règne de la télévision, de la console et d’internet n’était pas encore établi. Dès que je rentrais de l’école, je jouais au piano. Aujourd’hui c’est plus difficile. J’ai deux enfants en bas âge et je dois me battre avec eux pour qu’ils apprennent un instrument. Ils sont tellement sollicités de partout. Alors que pour moi, c’était quelque chose de naturel. Jouer du piano était ma récréation.

Avec quels chanteurs ou chanteuses aimeriez-vous travailler dans le futur ?
J’ai fait un album sans chanteur, alors pour me consoler, ceux de la nouvelle génération, Tété, Anais, Emily Loizeau, Coccon, China, Camélia-Jordana et bien d’autres… sont venus m’épauler sur un joli projet qui porte le nom de So In Love. Chacun d’eux reprend un standard de jazz dans une liste que j’ai proposée. Je produis, je joue et j’arrange. Cet album sortira pour la prochaine Saint Valentin.

Souhaitez-vous sortir un second album solo ?
Bien sûr, j’aimerais beaucoup travailler sur un nouvel album avec mon joueur de duduk !

Êtes-vous déjà venu à Puteaux ?
J’ai un très bon souvenir de Puteaux. Au début des années 80, j’ai gagné le concours de jazz à la Défense ! C’était un grand moment !


* Bill Evans (1929-1980) était un pianiste de jazz américain
** Tony Williams (1945-1997) était un batteur de jazz et de jazz-rock américain, il est considéré par certains comme l'un des plus grands virtuoses de la batterie.


Concert d’André Manoukian Quartet
Vendredi 19 février à 20h45
Palais de la culture

Vente des places à la Billetterie Spectacle du Palais de la culture ou sur www. ths.puteaux.fr.
Renseignements au 01 46 92 94 77


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